Qualité de l'eau locale

La qualité de l'eau dans les Landes (40) : ce qu'il faut savoir

Dans les Landes, l'eau du robinet est globalement douce, peu minéralisée et conforme sur la quasi-totalité des paramètres sanitaires. Quelques communes décrochent toutefois sur les nitrates, et la dureté varie beaucoup d'un forage à l'autre. Tour d'horizon des chiffres réels.

La qualité de l'eau dans les Landes (40) : ce qu'il faut savoir
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Une eau landaise plutôt douce, et largement potable

Dans les Landes, ouvrir le robinet ne réserve pas de mauvaise surprise. Sur les 327 communes du département où les analyses sanitaires sont remontées, 100 % sont conformes sur la bactériologie, sur le pH, sur le plomb, sur l'arsenic, sur les pesticides et même sur les PFAS, ces composés perfluorés qui font beaucoup parler d'eux en ce moment. Pour un département aussi étendu, c'est un résultat solide.

Le seul point qui fait baisser la moyenne, c'est le paramètre nitrates, avec 88,9 % de communes conformes (152 sur 171 mesurées). Rien d'inattendu dans une région où l'agriculture, en particulier le maïs et l'élevage, pèse lourd dans le paysage. On y revient plus bas.

L'autre particularité landaise, c'est une eau globalement douce, parfois très douce, parfois nettement plus calcaire selon les forages. La géologie du département explique l'écart : Sables des Landes au nord et à l'ouest, terrains plus calcaires du côté de la Chalosse et du Tursan.

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La qualité de l'eau dans les Landes (40) : ce qu'il faut savoir

Dureté : 15,4 °f en moyenne, mais des écarts énormes

La dureté moyenne dans les Landes s'établit à 15,4 °f (degrés français), ce qui correspond à une eau moyennement dure. Sauf que cette moyenne cache une réalité bien plus contrastée.

Sur les 171 communes mesurées :

  • 108 communes ont une eau douce
  • 60 communes ont une eau moyennement dure
  • 3 communes ont une eau dure

L'amplitude est impressionnante : On passe de 2,83 °f à Vielle-Saint-Girons, sur la côte, à 31,7 °f à Donzacq, dans la Chalosse. Autrement dit, un habitant de Vielle-Saint-Girons vit avec une eau quasi déminéralisée naturellement, pendant qu'à Donzacq, la bouilloire s'entartre vite et le savon mousse mal.

Ce contraste n'a rien d'anormal. Les nappes des sables landais filtrent une eau très peu chargée en calcium et magnésium, alors que les forages plus profonds, dans des terrains calcaires, restituent une eau bien minéralisée. Pour comprendre ce que veulent dire ces chiffres au quotidien, l'article sur le degré français et la distinction eau dure / eau douce reprend les seuils utilisés en France.

Conformité "confort" sur la dureté : 98,2 % (168 communes sur 171). Le mot conformité est ici à prendre avec des pincettes : Il n'existe pas de limite sanitaire pour la dureté, juste des repères de confort. Une eau très dure n'est pas dangereuse, elle abîme simplement les appareils ménagers et laisse des traces.

Nitrates : Le seul vrai sujet du département

C'est sur ce paramètre que les Landes se distinguent. La teneur moyenne en nitrates est de 6,5 mg/L, très en dessous de la limite réglementaire fixée à 50 mg/L. Mais l'écart entre communes est large : de 0 mg/L à Arengosse à 41 mg/L à Laglorieuse.

41 mg/L, c'est en dessous du seuil légal, mais on n'en est plus très loin. Et 19 communes (sur 171 mesurées) sortent du cadre réglementaire pour les nitrates, ce qui correspond aux 11,1 % de non-conformité du département sur ce paramètre.

La géographie de ces dépassements n'est pas un hasard : Ils se concentrent dans les zones de grandes cultures, où le lessivage des sols par les pluies entraîne les engrais azotés vers les nappes. Les Landes ne sont pas un cas isolé, plusieurs départements du grand sud-ouest figurent parmi les régions françaises où les nitrates sont les plus présents.

Qui doit s'en soucier ? Pour un adulte en bonne santé, une eau à 30 ou 40 mg/L de nitrates reste conforme et consommable. Pour les nourrissons et les femmes enceintes, en revanche, la vigilance est de mise au-delà de certains seuils. Les ARS recommandent dans ces cas précis de se renseigner auprès de la mairie ou du syndicat des eaux quand on habite une commune connue pour ses taux élevés.

pH, plomb, arsenic, pesticides, PFAS : Rien à signaler

Le pH moyen dans les Landes est de 7,6, c'est-à-dire légèrement basique, ce qui est plutôt favorable pour la stabilité des canalisations. L'amplitude reste raisonnable, de 6,5 à 8,4, soit dans la fourchette réglementaire (de 6,5 à 9). 100 % des 327 communes mesurées sont conformes.

Côté plomb, les 109 communes contrôlées affichent toutes des valeurs sous la limite de 10 µg/L. Idem pour l'arsenic, 110 communes mesurées, 100 % conformes. Ce n'est pas anecdotique : Certaines régions françaises connaissent des dépassements ponctuels en arsenic d'origine géologique, ce n'est pas le cas ici.

Sur les pesticides, 92 communes ont fait l'objet d'analyses, et toutes respectent la limite de 0,5 µg/L pour le total des substances (et 0,1 µg/L par molécule). Compte tenu de l'intensité agricole locale, c'est plutôt une bonne nouvelle, et cela montre que les filières d'eau potable (traitement, dilution, choix des captages) jouent leur rôle.

Enfin, sur les PFAS, 82 communes landaises ont été analysées et toutes respectent la valeur de 0,1 µg/L pour la somme des 20 substances désormais surveillées. Le cadre va se durcir avec le calendrier européen et national, comme l'explique l'article sur les PFAS dans l'eau du robinet et ce qui change en 2026.

Vivre avec une eau landaise au quotidien

Concrètement, à quoi cela ressemble pour un foyer ?

Si vous habitez la côte ou la frange forestière (Vielle-Saint-Girons, Mimizan, secteur des sables landais), votre eau est probablement très douce. Conséquences : Peu de tartre dans la bouilloire, peu de calcaire sur la robinetterie, savon qui mousse vite. Inutile, dans ce cas, d'investir dans un adoucisseur. Le sujet se posera plutôt côté Chalosse ou Tursan, où une eau à plus de 25 °f justifie qu'on s'interroge sur le confort des installations.

Sur le goût, le pH proche de 7,6 et la faible minéralisation donnent en général une eau légère, peu marquée. Si un goût de chlore vous gêne ponctuellement, c'est souvent normal après un épisode de désinfection renforcée du réseau ; un simple temps de repos en carafe ouverte suffit. D'autres défauts gustatifs (terre, métal, œuf) ont d'autres causes, détaillées dans le guide des goûts de l'eau du robinet.

Pour les amateurs d'aquariophilie ou de plantes acidophiles, attention : Une eau très douce peut manquer de tampon (KH bas), et une eau très calcaire peut être inadaptée à certaines espèces. Mieux vaut tester chez soi plutôt que se fier à la seule moyenne communale.

Où vérifier les chiffres de sa propre commune

Les données utilisées ici proviennent des contrôles sanitaires officiels publiés par le ministère de la Santé et l'ARS Nouvelle-Aquitaine, accessibles via le portail Hub'Eau et data.gouv. Chaque mairie est par ailleurs tenue d'afficher la dernière analyse d'eau, et la facture annuelle d'eau y fait souvent référence.

Pour aller plus loin, le service de qualite-eau.com permet de retrouver les analyses commune par commune, avec les valeurs réelles relevées sur les derniers prélèvements.

FAQ

L'eau du robinet est-elle potable partout dans les Landes ?

Oui, à l'exception de quelques communes où les nitrates dépassent ponctuellement 50 mg/L. Sur tous les autres paramètres sanitaires (bactériologie, pH, plomb, arsenic, pesticides, PFAS), le département affiche 100 % de conformité.

Faut-il un adoucisseur dans les Landes ?

Cela dépend totalement de votre commune. Avec 108 communes sur 171 en eau douce, la majorité des Landais n'en ont aucune utilité. À l'inverse, les habitants des secteurs autour de Donzacq, où la dureté peut atteindre 31,7 °f, peuvent y trouver un intérêt pour préserver leurs équipements.

Les nitrates landais sont-ils dangereux ?

La moyenne départementale, à 6,5 mg/L, est très basse. Les valeurs élevées concernent un nombre limité de communes agricoles. Pour les adultes, une eau conforme (en dessous de 50 mg/L) reste consommable sans précaution particulière. Les nourrissons et les femmes enceintes sont les publics les plus sensibles, et il est alors recommandé de vérifier la valeur précise du dernier contrôle local.

Y a-t-il des PFAS dans l'eau landaise ?

Les 82 communes du département analysées sur ce paramètre respectent toutes la limite réglementaire de 0,1 µg/L sur la somme des 20 substances visées. Le suivi va s'élargir et se durcir dans les années à venir.

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