Qualité de l'eau par département

La qualité de l'eau dans la Manche (50) : ce qu'il faut savoir

Dans la Manche, l'eau du robinet coule d'un socle granitique et de nappes bocagères. Résultat : une eau plutôt douce, un pH légèrement basique, et une conformité sanitaire qui frôle les 100 %. Un seul point de vigilance : les nitrates.

La qualité de l'eau dans la Manche (50) : ce qu'il faut savoir
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Ouvrir le robinet à Cherbourg, Saint-Lô ou Avranches, c'est boire une eau qui vient rarement de très loin. Le département vit sur ses propres ressources : petites rivières du bocage, nappes souterraines du Cotentin, quelques prises d'eau en surface. Cette proximité a un avantage, une eau généralement bien maîtrisée, et un inconvénient, une sensibilité directe à ce qui se passe dans les champs voisins.

Les chiffres compilés sur les 446 communes du département donnent une image assez précise de ce qui coule au robinet. Bonne nouvelle globale : sur les paramètres sanitaires les plus surveillés, la Manche affiche des taux de conformité qui atteignent ou frôlent les 100 %. Regardons ça de plus près, paramètre par paramètre.

Un pH moyen de 7,8 : une eau légèrement basique

Le pH est ce petit chiffre qui indique si une eau tire vers l'acide (en dessous de 7) ou vers le basique (au-dessus). Dans la Manche, la moyenne s'établit à 7,8, avec des valeurs allant de 6,7 à Nouainville jusqu'à 8,6 à Agneaux. C'est parfaitement dans les clous de la réglementation française, qui tolère un pH de 6,5 à 9 pour l'eau destinée à la consommation.

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Ce 7,8 place la Manche du côté légèrement basique, sans excès. C'est plutôt confortable au goût, et cela limite la corrosion des canalisations, notamment celles qui contiennent encore un peu de plomb dans les vieilles habitations. Un pH trop bas, à l'inverse, aurait tendance à attaquer les tuyaux et à charger l'eau en métaux.

La conformité pH est de 100 % des communes (446 / 446). Pour comprendre ce que ce chiffre veut dire concrètement et comment il varie ailleurs en France, le pH de l'eau du robinet en France donne une bonne vue d'ensemble.

La qualité de l'eau dans la Manche (50) : ce qu'il faut savoir

Dureté : une eau plutôt douce, sauf quelques exceptions

La dureté mesure la quantité de calcium et de magnésium dissous. On l'exprime en degrés français (°f). En dessous de 15 °f, on parle d'eau douce ; entre 15 et 30 °f, d'eau moyennement dure ; au-delà, d'eau dure ou très dure.

Dans la Manche, la moyenne est de 15,7 °f, ce qui place le département juste à la frontière entre eau douce et eau moyenne. L'écart entre communes est net : 6,7 °f à La Trinité contre 40,2 °f à Fierville-les-Mines. Sur les 445 communes mesurées, la répartition parle d'elle-même :

  • 245 communes ont une eau douce,
  • 191 communes une eau moyennement dure,
  • 9 communes seulement une eau dure.

Autrement dit, plus d'une commune sur deux boit une eau qui ne dépose quasiment pas de tartre dans la bouilloire. C'est cohérent avec le sous-sol du Cotentin, majoritairement granitique, qui donne des eaux peu chargées en calcaire. Les zones de bocage sur socle calcaire, elles, tirent la moyenne vers le haut.

La conformité de confort (un seuil indicatif, pas sanitaire) est de 98 %. Comme toujours avec la dureté, il n'y a pas de risque pour la santé : boire une eau à 40 °f n'est pas dangereux, c'est juste désagréable pour les appareils ménagers et la peau. Si vous voulez creuser la question, qu'est-ce que la dureté de l'eau et comment la mesurer détaille le sujet.

Nitrates : le point faible du département

C'est là que le tableau se nuance. La moyenne départementale s'établit à 19,3 mg/L, ce qui reste en dessous de la limite réglementaire fixée à 50 mg/L. Les valeurs vont de 0 mg/L à Bretteville-sur-Ay jusqu'à 41 mg/L à La Chaise-Baudouin.

Mais la moyenne cache une réalité plus contrastée : seules 73,3 % des communes sont pleinement conformes sur ce paramètre, soit 326 sur 445. Cela ne veut pas dire que les 27 % restants dépassent 50 mg/L (auquel cas l'eau serait déclarée non potable), mais que des dépassements ponctuels ou des seuils d'alerte plus stricts ont été relevés au cours des contrôles.

Rien de surprenant dans un département où l'élevage laitier et les grandes cultures dominent le paysage. Les nitrates viennent essentiellement des engrais et des effluents agricoles qui s'infiltrent lentement vers les nappes. La Manche partage cette caractéristique avec sa voisine bretonne, et l'on retrouve des enjeux comparables dans la qualité de l'eau en Bretagne.

À retenir : pour un adulte en bonne santé, boire une eau à 20 ou 30 mg/L de nitrates ne pose aucun problème. La vigilance concerne surtout les nourrissons et les femmes enceintes, pour lesquels des recommandations spécifiques existent.

Bactériologie, plomb, pesticides, PFAS : le sans-faute

Sur les paramètres sanitaires majeurs, la Manche coche toutes les cases :

  • Bactériologie : 100 % des communes conformes (446 / 446),
  • Plomb : 100 % (9 / 9 communes contrôlées, seuil de 10 µg/L),
  • Pesticides : 100 % (104 / 104, avec la limite de 0,1 µg/L par molécule et 0,5 µg/L au total),
  • PFAS : 100 % (102 / 102, seuil de 0,1 µg/L pour la somme des 20 substances surveillées),
  • Arsenic : 100 % (103 / 103).

Le résultat sur les PFAS mérite d'être souligné, tant ces polluants éternels agitent l'actualité ailleurs en France. Dans la Manche, aucun dépassement n'a été relevé sur les communes contrôlées. Pour comprendre pourquoi ces molécules inquiètent et où elles posent problème, les PFAS dans l'eau du robinet en France fait le point.

Comment la Manche se situe face à la moyenne nationale

En France, la moyenne nationale de dureté tourne autour de 22 °f, avec de fortes disparités : très douce dans le Massif central et la Bretagne, très dure dans le Bassin parisien ou le Sud-Est. Avec ses 15,7 °f, la Manche se classe donc parmi les départements à eau plutôt douce, dans la moyenne basse.

Côté nitrates, la moyenne française oscille autour de 15 à 20 mg/L selon les années. Le 19,3 mg/L de la Manche est donc dans la fourchette haute, sans être catastrophique, mais avec ce fameux taux de conformité de 73 % qui traduit une pression agricole réelle.

Sur le pH, la moyenne nationale se situe autour de 7,5. Le 7,8 manchois est légèrement au-dessus, cohérent avec des eaux ayant traversé quelques sédiments calcaires malgré la dominance granitique.

FAQ : vos questions sur l'eau dans la Manche

Quel est le pH de l'eau dans la Manche ?

Le pH moyen est de 7,8, avec des valeurs allant de 6,7 (Nouainville) à 8,6 (Agneaux) selon les communes. L'eau est donc légèrement basique, ce qui est parfaitement conforme à la réglementation (pH toléré de 6,5 à 9). Les 446 communes contrôlées sont conformes sur ce paramètre.

Peut-on boire l'eau du robinet dans la Manche ?

Oui, sans réserve d'un point de vue sanitaire. La conformité est de 100 % sur la bactériologie, le plomb, les pesticides, les PFAS et l'arsenic. Seule ombre au tableau : les nitrates, où 73,3 % des communes sont pleinement conformes.

L'eau est-elle calcaire dans la Manche ?

Pas particulièrement. Avec une moyenne de 15,7 °f, l'eau est à la limite entre douce et moyennement dure. Sur 445 communes, 245 ont une eau douce, 191 moyenne, et 9 seulement une eau dure. Fierville-les-Mines détient le record local à 40,2 °f.

Quelle commune a l'eau la moins nitratée ?

Bretteville-sur-Ay, avec une valeur mesurée à 0 mg/L. À l'opposé, La Chaise-Baudouin affiche 41 mg/L, la valeur la plus élevée du département, encore en dessous de la limite de 50 mg/L.

Faut-il un adoucisseur dans la Manche ?

Dans la majorité des communes, non : l'eau est déjà douce. Un adoucisseur ne se justifie vraiment qu'au-delà de 25 à 30 °f, ce qui concerne une poignée de communes du département. Avant tout achat, mieux vaut demander votre analyse d'eau locale à la mairie ou sur le site du Ministère de la Santé.

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